Exposition
Abbaye de Saint Paul

'Carte blanche' pour les Journées du Patrimoine.
Cascade est une installation textile réalisée en organza peint à la main.
Pensée comme une chute d’eau suspendue, l’œuvre joue avec la transparence du tissu pour créer des effets de superposition, de profondeur et de lumière.
La structure, composée de grillage et de fils de fer, permet à la forme de se déployer dans l’espace sur plus de 4,5 mètres de hauteur.
Cette sculpture a d’abord a été installée dans les anciennes cuisines de l’abbaye, où elle semblait jaillir par les fenêtres. C’est un arrêt sur image, le temps y est suspendu.
L’abbaye de Saint Paul, qui était autrefois une abbaye de femmes, est aujourd’hui un lieu où plusieurs époques se parlent. Détruits à plusieurs reprises puis reconstruits, les divers bâtiments qui ont passé les siècles offrent une écriture en filigrane de l’histoire du site. Chaque espace ouvre un monde, chaque pièce est habitée.
L’eau devient ici une image de la mémoire — un mouvement continu, qui relie ce qui a disparu à ce qui se devine encore.
Une projection des photographies de l’installation a ensuite été réalisée sur le portail abbatial, seul vestige du XIe siècle. Ce portail était l’entrée de l’ancienne église. Il comportait trois portes. Deux d’entre elles sont encore visibles, la troisième se devine. Quelques mètres plus haut trônait une rosace, principal puit de lumière de l’église. La rosace a disparu, comme le reste de l’édifice. Mais le mur parle. Il évoque un lieu tout entier. On se tient devant et il semble que les pierres se recomposent.
La mémoire s’y engouffre comme un flot. Cette eau jaillit de la porte centrale vers l’intérieur de l’église que l’on ne voit plus. Dans son reflet, on peut voir l’ancienne rosace qui autrefois se tenait au-dessus des trois portes.
C’est l’histoire d’un mouvement intérieur qui s’élance pour aller rejoindre la fleur : la mémoire de la lumière.

Résidence et exposition en compagnie de Claire Carroué (peinture) et Amélie Davèze (photographie). Merci à Paul et Martine Morel pour leur accueil dans leur abbaye durant l'été 2020. Photographies de l'installation : Amélie Davèze.